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MONIKA |
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FICHE TECHNIQUE |
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RÉSUMÉ La jeune Monika travaille dans un magasin d’alimentation de Stockholm. Dans le taudis où elle vit, affrontant quotidiennement un père ivrogne et une turbulente et bruyante marmaille, elle rêve au grand amour et à une vie de star par la lecture de magazines. Un jour, elle rencontre dans un bar Harry, employé dans un magasin de verreries. Monika voudrait trouver refuge dans l’appartement petit-bourgeois d’Harry. Mais celui-ci redoute la venue de sa tante. En ce bel été, ils décident de passer la nuit dans un canot à moteur. Au petit matin, Harry arrive en retard à son travail ; devant les reproches de son patron, il quitte son poste et part avec Monika pour l’une des nombreuses îles de la périphérie de Stockholm. (…) |
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CRITIQUE Monika, ou plus exactement L'été avec Monika, réalisé en 1952, deux ans après Sommarlek, dont il passe trop souvent à tort pour un parent pauvre, est un exorcisme. Bergman, fasciné par l’idée de l’amour romantique (nous deux, amour, toujours) tourne Ici résolument le dos aux chimères, à l’impossible rêve d’un couple heureux dans la durée d’un monde harmonieux (Harry, le jeune héros, devant le miroir qui a vu naître son idylle avec Monika dit adieu, à la fin du film, aux souvenirs de son bonheur enfui). Monika, c’est le rejet de l’illusion, éternelle tentatrice. Illusion du couple d’adolescents qui croient leur amour unique, pensent avoir un avenir alors qu’ils n’ont qu’un été. Leur naïveté est d’autant plus émouvante que, de condition fort modeste, ils imaginent une vie de petits-bourgeois, différente certes de celle qu’Ils ont vécue jusque-là mais, combien dérisoire ! Illusion de penser qu’ils seront toujours jeunes. Les adultes du film (les employeurs, les parents de Monika, le père et la tante de Harry, les habitués du café où les amoureux se rencontrent) sont repoussants de laideur ou de bêtise mais Harry les verra différemment quand, par la force des choses, il se coulera dans le moule à son tour. Illusion de se révolter et de fuir un milieu hostile. Monika a beau crier et répéter :"Je ne veux pas", elle doit se plier aux contingences : l’été prend fin, un enfant va naître, il faut rentrer à Stockholm et retrouver la "civilisation". Monika, elle-même, n’est qu’une illusion. Monika figure de proue, Monika courant nue sur les rochers vers la mer, Monika invitant Harry à la caresser. La première femme. La sensualité faite femme. Sauvagesse que la lutte des mâles et le sang excitent, femme duelle qui semble grandir au contact de la nature, déesse descendue de l’Olympe pour ensorceler et perdre un mortel vulnérable, Monika est aussi une midinette, illusion victime de l’illusion (Rêves de femme, le film vu avec Harry est le point de départ de leur histoire). Le retour à la ville et le quotidien la feront disparaître. Le gros plan si célèbre dont Godard disait : "C’est le plan le plus triste de l’histoire du cinéma", est un constat : "Vanité des vanités, et tout est vanité". S’il est vain de s’aveugler, que reste-t-il ? L’instant, c’est-à-dire l’éternité. Le plaisir immédiat né du désir et de l’amour fous. Il vaut mieux vivre un été, quitte à en souffrir le reste de ses jours, Que ne rien éprouver. (…) Source : Colette-Marie Renard |
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Date de pré-projection : 20 Février 2007 Date de difusion : 25 Février 2007 |
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